Pas de mention au bac ? Et alors ?

Cette semaine, un post LinkedIn m’a interpellée.

Un Cabinet d’avocats expliquait son parcours de recrutement pour les élèves-avocats et le post insistait sur la nécessité de faire apparaître les mentions obtenues pour chaque diplôme, même le bac.

Cela m’a fait réfléchir, sur le fond bien sûr, mais également sur le mécanisme mental qui conduit à cette décision.

Le bac, vraiment ?

Depuis son bac, un élève-avocat a obtenu sa licence, un ou plusieurs masters 2 a été admis au CRFPA, effectué des stages, etc.

Est-ce que la note obtenue au bac remet en cause tout cela ?

Un critère simple… mais de quel ordre ?

Bien entendu, je comprends la logique : les recruteurs sont submergés de candidatures, il faut trier et le faire vite.

Mais ce réflexe a un nom : le biais de confirmation. Il nous pousse à accorder plus d’importance aux informations qui confirment nos croyances initiales, tout en ignorant celles qui les contredisent.

Concrètement, ce biais peut conduire à rejeter un candidat qui possède pourtant les compétences, le potentiel et la motivation nécessaires.

Et ce biais est plus répandu qu’on ne le croit. Selon un Rapport sur la diversité, l’équité et l’inclusion du cabinet Hays en 2024 :

La mention au bac que l’on a soi-même obtenue devient alors, parfois inconsciemment, un étalon de mesure universel.

Pas de mention au bac : un plafond pour demain ?

Certains des professionnels les plus accomplis ont eu des débuts scolaires difficiles.

Un bac sans mention n’est pas un aveu d’incompétence. C’est parfois le signe d’un contexte difficile, d’un système scolaire pas adapté, d’une maturité qui n’était pas encore là.

Personnellement, je n’ai pas eu de mention au bac. Je me suis totalement plantée en philo et avec un coeff. 7 la mention était impossible à obtenir. Pourtant, arrivée à l’Université, j’ai réussi chaque année sans accroc et j’ai obtenu mon Doctorat en droit avec mention très honorable et les félicitations du jury.

Et si on recrutait autrement ?

Ce débat dépasse les Cabinets d’avocats. Il interroge nos biais de recrutement, nos raccourcis cognitifs, notre rapport à l’excellence.

Recruter sur le potentiel, sur la motivation, sur le parcours global, c’est plus exigeant. Mais c’est souvent plus juste et plus efficace. S’interroger sur l’intégration dans l’équipe, sur les compétences spécifiques que le candidat peut apporter est bien plus important que de s’attacher à une mention au bac.

C’est comme écarter les CV des personnes de plus de 50 ans, de ceux dont on estime que le parcours n’est pas assez linéaire.

Et vous ?

Avez-vous déjà été écarté(e), ou avez-vous écarté quelqu’un sur le critère de la mention au bac ?

Je suis curieuse de lire vos expériences en commentaires.